Quand j’ai abordé la question [de l’identité], je suis parti de la distinction opérée par Deleuze et Guattari, entre la notion de racine unique et la notion de rhizome. Deleuze et Guattari, dans un des chapitres de Mille Plateaux (qui a été publié d’abord en petit volume sous le titre le Rhizomes), soulignent cette différence. Ils l’établissent du point de vue du fonctionnement de la pensée, la pensée de la racine et la pensée du rhizome. La racine unique est celle qui tue autour d’elle alors que le rhizome est la racine qui s’étend à la rencontre d’autres racines. J’ai appliqué cette image au principe d’identité. Et je l’ai fait aussi en fonction d’une «catégorisation des cultures» qui m’est propre, d’une division des cultures en cultures ataviques et cultures composites.

Edouard Glissant

Introduction à une Poétique du Divers

Ce projet prend forme avec la rencontre du poète kanak Denis Pourawa.

Il explique que dans sa langue et dans ses rites coutumiers, le végétal, le tissage, le tressage et la parole ont un sens et une résonnance philosophique et sociologique très proche.


[Texte] vient du latin [Texere] qui signifie [Tisser].


L’envie d’écrire au fil des paroles, au fil de soi, et de faire émerger une réflexion sur le geste et le lien, l’exploration des territoires artistiques comme un voyage avide de tisser des relations. Questionner notre rapport au langage, à l’écrit, à la poésie, au texte comme fil de communication, rythme, partition, empreintes de maillages en fil divers et de végétaux, gaufrage de mailles textiles en fil métalliques, d’alphabets ...